Fabien Granet – DESSIN & CONTEMPORAIN – Exposition Collective

Fabien Granet – DESSIN & CONTEMPORAIN – Exposition Collective
fabien-granet-dessin d'une plage

Par la pratique du dessin qu’il aime à faire jouer par «glissements/shiftings», Fabien Granet questionne l’énigme qui persiste dans notre perception du visible, et par là même interroge notre propre rapport au monde.

Il présente aux Modillons, une installation vidéo, « les Observatbles », qui s’accompagne d’une série de dessins.

 On peut, ainsi, voir sur le mur de gauche un paysage « Black-out » baigné dans la noirceur du fusain à la limite du visible suivi d’un triptyque « Structures Discrètes » toiles nues, sans encadrement, immobiles. Celles-ci contrastent avec la vidéo et jouent sur l’ambigüité de la perception. Dessins ? Peintures ? Elles tiennent un discours autour de la matière et de l’immatériel. Leur aspect proche du monochrome fait écho à l’écran blanc, comme une dialectique du clair et de l’obscur. Moins visibles de par leur tonalité et leur emplacement les dessins semblent nous rappeler le geste de l’artiste et l’engagement fondateur du dessin, par-delà l’attrait de l’interaction numérique.

Les Observables - Version.0 (Dessin : F. Granet Conception/réalisation : F.Granet / B.Ghigou / D.Deckeur)

 

« Les Observables est une pièce centrée sur la fonction du déplacement perceptif du regard. Le dispositif (diptyque) consiste en un dessin issu de la série « Modèles » accompagné d’un écran vidéo qui donne à voir son double numérique. Un dialogue s’instaure alors entre le dessin natif et la vidéo qui apparaît dans un premier temps comme une simple copie 3D sur écran. On peut questionner ici le statut du dessin : est-il simplement l’original et la vidéo, l’œuvre véritable ? Rapidement néanmoins quelque chose se passe, qui vient troubler la perception. En effet, le dispositif grâce à une caméra placée au-dessus de l’écran permet une reconnaissance faciale du spectateur. L’écran soudain accroche et piège le regard. Le dessin numérique prend alors vie au gré des mouvements du regardeur. Il y a une logique dans le déplacement mais la perspective reste toujours tronquée, comme s’il était impossible d’en épuiser la signification. Le spectateur devient ainsi partie intégrante de ce dispositif intersubjectif puisqu’il contribue à la création qui jaillit de son regard.

Le « jeu » fonctionne comme un mécanisme d’appropriation et l’expérimentation, en apparence ludique, possède une densité qui a trait à la phénoménologie en questionnant nos rapports perceptifs au monde. Ce monde n’est ni purement extérieur, ni inaccessible. Il apparaît toujours comme une unité de sens grâce à la visée intentionnelle de la conscience. Chaque perception inclut une dynamique qui n’enserre pourtant jamais la totalité du réel. Faire l’expérience du monde reste toujours énigmatique.

Cette impossibilité d’enclore le réel n’est pas sans évoquer la théorie platonicienne du beau comme médiateur entre le visible et l’intelligible. Lorsque Platon évoque la beauté, il l’envisage comme le comble de la manifestation sensible du Vrai, sorte de pure présence au monde grâce à quoi l’être se fait paraître mais aussitôt se retire, s’évanouit… Dans un même mouvement ici le dessin modélisé numériquement se donne et se dérobe, transparaît et disparaît, offre sa présence tout en nous laissant à distance.

On peut aussi de ce fait interroger le numérique comme vecteur possible d’aliénation. C’est la machine en effet qui prend le contrôle (aléatoirement ou pas ?) en piégeant le regard ou en se déconnectant. Si chez Platon, la Vérité absolue est inaccessible, c’est parce qu’elle est l’apanage des Dieux. Quelle limite peut-on alors fixer dans la communication avec la machine ? L’interaction numérique nous met face à autre chose et modifie nos structures perceptives en reconfigurant notre sens de la réalité. En cela ce dispositif s’inscrit dans la continuité de la démarche de Fabien Granet qui, de série en série, questionne le déplacement, le glissement, et l’instabilité qui demeure au-delà de toute volonté de s’arrimer à un point d’ancrage dans le réel. Si l’écran occupe la place centrale et attire par la luminosité qu’il dégage, si l’écran amuse par son dispositif ludique, la lecture en contrepoint semble nous rappeler que l’Homo sapiens ne peut jamais entièrement se réduire à l’Homo ludens et que le médium ne doit pas nous faire oublier la finalité de toute œuvre artistique, à savoir transformer notre regard sur le monde. »

Texte d’Anne Amsallem

BIOGRAPHIE

Fabien Granet

Né en 1970, vit et travaille à Paris.

représenté par la galerie DRM galerie

http://www.fabiengranet.com

– EXPOSITIONS PERSONNELLES

2015 « Shiftings », DRM galerie, galerie White Project, Paris

2012 « Risée » galerie G&G, Paris 2011 « Transistoires » galerie P&Z, Angoulême

2010 « Tandis que… » galerie Sellem, Paris

– EXPOSITIONS COLLECTIVES

2016 « 3 jours en Mai » Métamorphik Galerie, Lyon

2015 « Formats Raisin » Musée ARTEUM, Châteauneuf le Rouge

2015 « recto/verso » Fondation Louis Vuitton, Paris

2014 « High Hopes » DRM galerie, Paris

2014 « Mano A Mano » Espace CO2, Paris

2014 « Formats Raisin » centre d’art Espace Vallès, St-Martin d’Hères

2013 « Collectif » DRM galerie, Paris

2012 « Formats Raisin, les vendanges sont finies » galerie Martagon, Malaucène 2012 « Écart Postal » SAFFIR galerie nomade, Marseille

2011 galerie du Point Ephémère, Paris

2010 « Qui est le maître ? » galerie Lemniscate, Toulouse

– PARUTIONS

2016 Flaque Noire Glaciaire (livret d’artiste numéroté) A-over Editions

2015 Bulletin des Bibliothèques de France (BBF)

2011/14 Revue Huit

Vernissage de l’exposition collective
« Dessin & Contemporain »
vendredi 28 octobre de 18h à 21h 
en présence de l’ensemble des partenaires et
des artistes.

Informations pratiques
Horaires de visite : les dimanches entre 15h00 et 18h30
et sur rendez-vous (entrée libre)

Les Modillons – 2 allée du Logis Cassé – 16430 Vindelle
 www.lesmodillons.com 

Les partenaires de l’exposition

Les Modillons  

Le salon DDESSINPARIS

La galerie 3e Parallèle – Paris

L’École européenne supérieure de l’image (ÉESI)

La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image

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